Peu
de spécialités locales connaissent autant
de variantes et de dénominations que la fouace.
Il s'agit dans tous les cas d'une sorte de brioche qui
doit sa richesse et sa densité à des recettes
peu avares en beurre et en sucre, et à une pâte
beaucoup moins levée que celle d'une brioche.
On
l'appelle "fouace" par ici, "fougasse"
par là, "pogne dans la Drôme, "gache"
en Vendée ou encore "mouna" en Afrique
du Nord... Au point que les plus sérieux des
dictionnaires y perdent leur latin lorsqu'ils arrivent
à sa définition. "Galette sans ufs
ni beurre..." affirmait le Larousse en 1900 pour
la fouace, alors que Rabelais, dans Gargantua avait
donné la recette de celle qui faisait la renommée
des fouaciers de Lerné, près de Chinon,
et qui est assez proche de la fameuse pâtisserie
que fabrique la famille Roux, à Laguiole depuis
le siècle dernier : "... fleur de farine
délayée avec beaulx moyeux d'ufs
et de beurre, beau safran et belles espices et eau...".
Rajoutons-y sucre, fleur d'oranger, quelques pépites
de cédrat confit, ainsi qu'un secret de famille,
et c'est la queue devant "La Fouace de Laguiole"
du printemps jusqu'à l'automne.
Le
bon conseil : la Fouace est, depuis toujours, un
gâteau familial.
On
pourra l'accompagner d'un vin doux, tel qu'un muscat
servi bien frais, ou la déguster accompagnée
de foie gras, de fromage de Laguiole ou de Roquefort.